Le programme Sonepar Select génère des points à chaque commande de matériel électrique. Exploiter ce mécanisme pour structurer un système de primes destiné aux techniciens de terrain transforme un simple programme de fidélité fournisseur en levier de fidélisation salariale. Nous détaillons ici les points techniques à maîtriser pour que ce dispositif fonctionne sans effet pervers.
Indexer les primes sur la qualité de pose plutôt que sur le volume d’achats Sonepar
Un système de prime adossé uniquement au volume de commandes Sonepar Select pousse les équipes à sur-commander. Le technicien qui achète plus de câble ou de disjoncteurs qu’il n’en faut sur un chantier fait grimper les points, mais dégrade la marge nette de l’entreprise.
A découvrir également : Opraz ou Excel : quel outil choisir pour gérer vos projets ?
Nous recommandons d’adosser au moins la moitié de la prime à des indicateurs qualitatifs mesurables sur chantier : taux de non-conformité au contrôle, notation client en fin d’intervention, performance énergétique réelle de l’installation livrée. Des installateurs ont commencé à indexer une partie des primes collectives sur ces critères depuis 2024, avec des retours positifs sur la motivation terrain.
Le solde peut rester lié aux points Select accumulés, mais avec un plafond mensuel par technicien. Ce plafond évite la course au volume et recentre l’attention sur la qualité de l’approvisionnement : commander le bon produit, au bon moment, dans la bonne quantité.
A lire aussi : Utilité et fonctions d'un organigramme en entreprise

Prime de partage de la valeur et points Select : articulation juridique
La prime de partage de la valeur (PPV, ex-PEPA) offre un cadre fiscal avantageux pour distribuer une prime collective. La PPV peut être versée deux fois par an et bénéficie, sous conditions, d’exonérations de cotisations sociales. Elle constitue un véhicule naturel pour redistribuer une partie de la valeur générée par les achats groupés via Sonepar Select.
Le piège courant consiste à mélanger dans un même dispositif la PPV (encadrée par la loi) et un bonus informel lié aux cadeaux du catalogue Select. Les cadeaux Select (voyages, équipements, formations) sont des avantages en nature. Leur traitement social et fiscal diffère de celui d’une prime en euros sur le bulletin de paie.
- La PPV figure sur le bulletin de paie avec une ligne dédiée et suit les plafonds légaux en vigueur.
- Les cadeaux Select convertis en avantages personnels pour le salarié doivent être déclarés comme avantages en nature au-delà d’un seuil fixé par l’URSSAF.
- Les points Select utilisés pour des formations professionnelles (proposées dans le catalogue Select) échappent à cette requalification s’ils s’inscrivent dans le plan de développement des compétences de l’entreprise.
Séparer clairement ces deux flux dans la communication interne évite les incompréhensions sur le net perçu par le technicien. Depuis le décret du 31 janvier 2023 sur le montant net social, chaque salarié voit apparaître cette ligne sur sa fiche de paie. Un système de primes lisible renforce l’équité perçue et donc l’effet motivant.
Structurer la redistribution des points Sonepar Select en équipe
Le compte Select est rattaché à l’entreprise, pas au technicien. Le dirigeant ou le responsable achats cumule les points, puis choisit leur affectation dans le catalogue. Cette centralisation crée un décalage : celui qui commande sur le terrain ne voit jamais directement le fruit de sa contribution.
Rendre visible la contribution individuelle
Un tableau de suivi mensuel partagé, même sur un simple tableur, qui attribue les points générés par chaque chantier ou chaque équipe, suffit à restaurer le lien entre effort et récompense. Nous observons que les entreprises qui affichent ce suivi en salle de pause ou sur un canal interne obtiennent un engagement nettement supérieur sur le programme.
Choisir entre prime individuelle et prime collective
La prime individuelle récompense le technicien qui optimise ses commandes. La prime collective, elle, pousse à la coopération entre équipes sur les achats groupés. La combinaison des deux produit le meilleur effet sur la rétention : une base collective qui soude l’équipe, complétée d’un bonus individuel qui reconnaît la performance.
La répartition que nous recommandons pour une PME du secteur électrique : deux tiers en collectif (redistribué au prorata des heures travaillées), un tiers en individuel (lié aux indicateurs qualité du technicien).

Formations Select comme levier de fidélisation des techniciens
Le catalogue Sonepar Select ne se limite pas aux récompenses matérielles. Il propose des formations réservées aux membres. Pour un technicien, accéder à une formation sur les nouvelles normes ou sur un équipement spécifique représente une montée en compétences directe, plus valorisante qu’un cadeau.
Convertir une partie des points Select en formations techniques envoie un signal fort : l’entreprise investit dans le savoir-faire de ses équipes, pas seulement dans leur pouvoir d’achat. Ce positionnement pèse dans la décision de rester, surtout chez les profils qualifiés qui reçoivent régulièrement des offres concurrentes.
L’avantage fiscal existe aussi : une formation inscrite au plan de développement des compétences n’est pas un avantage en nature. Elle n’alourdit pas le coût employeur et ne réduit pas le net du salarié.
Risques à anticiper sur un dispositif de primes lié à Sonepar Select
- Un changement de barème Select (modification du taux de conversion euros/points) peut déstabiliser tout le système de primes si les montants ont été communiqués en valeur absolue. Communiquer en pourcentage de la valeur des points plutôt qu’en euros fixes.
- La dépendance à un fournisseur unique pour alimenter le dispositif de motivation crée un risque stratégique. Diversifier les sources de primes (qualité, sécurité, satisfaction client) limite ce risque.
- L’absence de règle écrite génère des contentieux. Un accord d’entreprise ou une note de service formalisant les critères d’attribution protège l’employeur en cas de litige prud’homal.
Un programme de fidélité fournisseur comme Sonepar Select n’a pas été conçu pour gérer la politique salariale d’une entreprise. Il fournit la matière première (des points, des récompenses, des formations), mais la mécanique de redistribution reste entièrement à la charge du dirigeant. Formaliser cette mécanique par écrit, séparer les flux fiscaux et privilégier la qualité au volume : ces trois choix transforment un gadget commercial en outil de rétention opérationnel.

